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AS Monaco

Édition du mardi 19 février 2008

Monaco : bilan d'après cyclone

Les Monégasques ont retrouvé hier après-midi la Turbie. Un décrassage dans le silence... Les quelques supporters massés près du grillage n'ont pas manifesté. Les joueurs avaient la tête des mauvais jours. Le contraire eut été étonnant. Avant la séance, une mise au point d'environ un quart d'heure s'est déroulée dans l'intimité du vestiaire avec l'intervention des dirigeants, Gérard Brianti (vice-président), Marc Keller et Jean-Luc Ettori. Michel Pastor, le président, actuellement à l'étranger, a fait parvenir son message aux joueurs, appelant à une « réaction impérative, pour l'honneur du maillot ».

Après le passage du cyclone girondin, pas de révolution de Palais à l'ASM, donc. Ricardo ne semble pas contesté. Est-il d'ailleurs le seul fautif ? Certainement pas. Le mal monégasque est plus profond que les options du technicien brésilien, notamment parce que les choix de recrutement, depuis trois ou quatre ans, laissent trop à désirer. Le résultat est là, plutôt inquiétant avant la fin de saison.

Agressivité dispersée

Ricardo assiste, impuissant, au même scénario qui se répète. Ce n'est pas que les joueurs ne se battent pas. Mais une certaine agressivité de dépit (2e équipe de L1 au nombre de cartons jaunes, des semelles qui volent haut parfois) prend le pas sur l'?uvre collective. Monaco apparaît parfois mal dans sa peau, timoré, et ne parvient pas à sortir de cet état. Flavio Roma, qui n'hésite pas à faire son auto-critique « Je ne suis pas au niveau de la saison dernière », ne peut que constater : « La manière dont on a laissé filer le match dimanche démontre un manque de caractère de personnalité assez grave ».

Un manque de puissance

« Jouer avec ce manque de puissance, c'est très ennuyeux », note Ricardo. Encore un problème récurrent de l'ASM. L'équipe fait des fautes mais ne s'impose pas assez dans les duels et accuse globalement un déficit de vitesse. Ricardo a évoqué dimanche en salle de presse la possibilité d'utiliser plus largement la carte jeunes.

Une idée qui plairait à certains produits du centre de formation qui n'ont pas trop compris que le club fasse venir trois Sud-Américains et un Croate au mercato. Problème : les jeunes peuvent-ils aujourd'hui assumer la pression d'un club en difficulté ?

Un équilibre en berne

Ricardo fait son mea-culpa. « Le premier jour où je me suis assis sur le banc à Monaco, j'ai vu que cette équipe avait un problème. Depuis, je n'arrive pas à le résoudre », note le technicien. « Le rôle d'un entraîneur est de faire jouer les meilleurs. Or, nos meilleurs joueurs, ce sont les attaquants. Et je n'arrive pas à équilibrer cette équipe pour qu'ils puissent évoluer ensemble à quatre sans risquer de prendre l'eau ».

Et demain ?

Ricardo l'affirme. « Même si notre effectif est déséquilibré, Monaco ne doit pas se situer à cette place-là. On doit faire mieux. Si mon groupe risque d'exploser ? Non, ça n'arrivera pas. On a un calendrier difficile, mais malgré la catastrophe de dimanche, je reste confiant. On trouvera les ressources et l'orgueil pour présenter un autre visage à nos supporters. Il en est de notre devoir, de toute façon ».

F. P.
Nice-Matin

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